À Thouaré-sur-Loire, un conseil municipal sous tension
Réunis lundi 27 janvier, les élus ont débattu de nombreux projets. Mais lors de la
présentation des finances, les échanges sont devenus particulièrement tendus. Retour
sur les points forts de cette soirée mouvementée.
Le conseil municipal de Thouaré-sur-Loire a eu lieu lundi 27 janvier. Les discussions ont
été vives, notamment lors de la présentation des finances. Des prises de position
tranchées laissent présager une longue bataille en vue des élections municipales de
mars 2026. La maire, Martine Oger, et la conseillère municipale d’opposition, Isabelle
Grousseau, ont échangé sans détour. Plusieurs sujets clés ont été abordés, avec un
accent mis sur la santé, l’insertion professionnelle, le rapport d’orientation budgétaire
et le soutien au centre psychiatrique Epsylan.
Un budget qui fait débat
Dès la première intervention, le ton de la soirée a été donné. Le débat a porté sur les
virements de crédits entre chapitres budgétaires. « De quelle année s’agit-il ? S’agit-il
d’une régulation pour 2024 ou parle-t-on déjà de 2025 avant même le vote du budget ? »,
a interrogé Isabelle Grousseau en s’adressant à la maire. Martine Oger a répliqué : »Avant
le vote du budget, ce n’est pas possible de procéder à une régularisation, nous sommes
d’accord ? » La présentation du rapport d’orientation budgétaire a donné lieu à de longs
échanges, mais le conseil a finalement validé un emprunt de 3,2 millions d’euros afin de
financer plusieurs projets malgré l’inflation.Motion de soutien pour le centre psychiatrique
Les élus ont voté une motion de soutien en faveur du centre psychiatrique Epsylan,
confronté à une crise majeure. En trois ans, sa capacité d’accueil est passée de 74 à
seulement 12 lits, faute de médecins. « La commune ne peut que saluer l’engagement
remarquable des équipes d’Epsylan », a déclaré Martine Oger. Les élus demandent au
ministère un soutien financier et humain pour recruter des professionnels et rouvrir des
lits.50 % d’aides financières en plus pour les jeunes
Sur le site de La Mar Vendière à Thouaré-sur-Loire, la Mission Locale affiche des résultats
encourageants. En 2024, le nombre d’entretiens réalisés a augmenté de 45 %, et 115
contrats ont été signés. Une hausse de 50 % des aides financières destinées aux jeunes
a également été constatée. « La Mission Locale fonctionne très bien », s’est réjoui Khaled
Belmekki, adjoint à l’action sociale et économique. Un constat positif qui contraste avec
la baisse des subventions allouées par le département de Loire-Atlantique, d’un
montant de 479 000 €.Adoption du CLSM pour cinq ans
Le conseil municipal a adopté le Contrat local de santé métropolitain (CLSM) pour une
durée de cinq ans. Ce dispositif vise à améliorer l’accès aux soins, promouvoir des
habitudes de vie saines et attirer davantage de professionnels de santé. « Ce projet est
une chance pour notre commune : il renforce nos actions de santé et nous permet de
bénéficier d’un accompagnement supplémentaire », a souligné Laurence Blachère-Lopez, adjointe à la santé et à l’alimentation. Parmi les mesures concrètes prévues,
l’augmentation du nombre de collectes de sang, qui passera de trois à quatre par an.
Après avoir rayé une voiture, une grand-mère de 80 ans condamnée
Une affaire qui peut faire sourire, au premier abord en tout cas. Mais Elisabeth Gadoullet,
magistrate honoraire de l’ordre judiciaire, ne sait pas laisser distraire. Une retraitée était
attendue au tribunal pour la dégradation du véhicule de sa voisine. L’hypothèse d’un
stationnement gênant faisait partie des arguments. Le procureur et la victime, eux, ont
fait part d’une toute autre version des faits.
L’ambiance était à la rigolade, du moins au départ. L’accusée n’entendant pas très bien,
la magistrate Elisabeth Gadoullet l’a invitée à se rapprocher. L’affaire regroupe plusieurs
éléments. L’accusée étant attaquée pour avoir rayé et abimé le véhicule de sa voisine
pour un stationnement qui aurait été gênant. “J’ai soulevé les 2 essuie-glaces, en aucun
cas je n’ai rayé. La voiture me gênait”, s’est défendu la grand-mère de 80 ans. Mais la
magistrate a de suite rétorqué : “La voiture ne gênait pas, elle était à côté du portail. Les
policiers ont constaté des rayures toutes fraîches sur la carrosserie”, avant d’ajouter :
“On vous a vu les clés à la main entrain de faire des rayures”. Malgré les accusations et
les témoignages, l’accusée a nié en bloc les faits reprochés. La victime est formelle :
“J’étais entrain de ranger les courses lorsque les jeunes m’ont interpellé : [Venez vite !
Elle est entrain de vous casser la voiture !], et je l’ai vu les clés à la main en faisant le tour
du véhicule”. L’accusée n’a cessé de lancer des regards d’intimidation envers la victime.
Face à Elisabeth Gadoullet, la victime a demandé un dédommagement de 225 € pour la
franchise, 135 € pour la perte d’une journée de chiffre d’affaires et 300 € pour le préjudice
moral.“Le véhicule était conformément stationné”
Le procureur de la République a très vite posé ses convictions. “Madame la présidente,
vous avez parfaitement fait le tour, pas de la voiture mais de cette affaire”, a-t-il déclaré
avec une touche d’humour. *Vous constaterez que les dégradations sont bien présentes
et que le véhicule était conformément stationné. Ce qui ne justifie en aucun cas les
actes”, a souligné le procureur avant d’ajouter : “Quand bien même le véhicule serait
mal stationné, elle n’avait aucune raison de procéder de la sorte. Il suffisait de verbaliser
le véhicule”. Un total de 800 € d’amende a été demandé.“Pourquoi aurait-elle pris le risque ?”
La plaidoirie a été courte mais efficace. “Pourquoi aurait-elle pris le risque de rayer la
voiture ?”, a défendu l’avocate. “C’est une dame de 80 ans qui n’a jamais eu aucun
problème avec la justice”, a poursuivit avec conviction la partie de la défense. L’avocate
a précisé que “les réquisitions de Monsieur le procureur sont inadaptées”. Au moment
du verdict, l’accusée est arrivée sourire aux lèvres face à la magistrate. “Vous avez de la
chance que ça vous fasse encore rire, c’est un peu surprenant”, s’est étonnée la
magistrate. L’accusée a été déclarée coupable et devra verser 375 € à la victime dans
les deux mois.